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« Du sourire à l'oeil » dans le Journal de l'Action Sociale de janvier 2014

Intérieur du camion médicalié « Du sourire à l'oeil »
On l'observe dans la rue, auprès des jeunes en errance, et plus généralement des sans domicile fixe, on le remarque aussi chez d'autres publics, qui certes disposent d'un toit mais restent très vulnérables: la question de la précarité sanitaire semble se poser de nouveau avec acuité, alors même que la CMU soufflera cette année ses quinze bougies. Pour lutter contre ce phénomène, la Société Dijonnaise d' Assistance par le Travail (SDAT), adhérente de la FEHAP, s'est associée à l'ONG Nomade Médical, des chirurgiens-dentistes qui mènent des missions humanitaires à Madagascar, en Mauritanie, au Cambodge et au Bénin. Très vite, l'idée de proposer des actions un peu similaires dans la rue auprès de publics en grande difficulté, sèst imposée. Une initiative facilitée par l'engagement des plusieurs sponsors, en particulier le Rotary club, qui grâce à son opération
intitulée "Les roses de la solidarité", a été le premier à apporter son soutien financier. Le principe de ce projet, lauréat des Trophées de l'innovation de la FEHAP en 2013, est simple: une unité médicale mobile, installée dans une camionnette spécialement équipée, va à la rencontre des personnes en situation d'exclusion, des sans domicile fixe, mais aussi d'autres publics victimes de la précarité, et leur propose gratuitement des consultations dentaires et ophtalmologiques. Baptisé "Du Sourire à l'oeil", ce dispositif original repose très largement sur l'engagement bénévole de professionnels (ophtalmologues, chirurgiens-dentistes, infirmières, éducateurs spécialisés). "La camionnette est couverte d'autoco llants ludiques", précise Thierry Guillochon, le directeur de la SDAT. "Car, souligne-t-il, avant même d'envisager le moindre dépistage, il est souvent nécessaire
d'apprivoiser ces personnes, de les convaincre de l'utilité de se soigner, de reprendre possession de leur corps". La question financière est souvent capitale pour ces gens qui ne possèdent pas de mutuelle. Mais elle ne suffit pas à expliquer le renoncement aux soins. Beaucoup, même s'ils bénéficient de la Couverture Médicale Universelle, ont tendance à se laisser aller. Il y a aussi une question de fierté: quand on a bu et fumé, quand on ne s'est pas lavé depuis un moment, ce n'est pas évident d'ouvrir la bouche chez le dentiste ... Sans parler de la quasi-impossibilité, dans une spécialité comme l'ophtalmologie, de bénéficier en ville d'une consultation dans un délai court. Obtenir un rendez-vous dans six mois n'a guère de sens pour des personnes qui ne savent pas de quoi demain sera fait", observe-t-il. Depuis septembre, une rotation mensuelle, à Dijon ou Beaune, est programmée dans le cadre de ce projet. "Le véhicule stationne à la demande, suivant les besoins des associations ou du Samu social, en lien avec nos propres équipes qui effectuent des maraudes en journée", explique Thierry Guillochon. "Le bouche à oreille aidant, une cinquantaine de personnes ont déjà bénéficié de nos séances de dépistage", se félicite-t-il. Suivant leur état, les patients sont orientés vers l'antenne médicale de la SDAT, vers l'hôpital ou vers le secteur libéral. "Des médecins libéraux qui, dans un premier temps, voyaient en notre dispositif une possible concurrence, ont compris qu'il n'en est rien. Certains acceptent même de recevoir gratuitement en urgence, le soir, des personnes que nous leur adressons", confie Thierry Guillochon.