SUCCESSION DE MADAME VEUVE GRANGIER

Legs aux établissements publics

AVIS

Aux termes de ses testament et codicilles olographes en date des 15 juillet 1903, 17 juillet 1903, 2 août 1903, 28 avril 1904 et 23 décembre 1905 déposés dans les études de Maîtres Massin et Misserey, notaires a Dijon et à Nuits-St-Georges, Mme Sophie Grangier, née Villeneuve, en son vivant propriétaire demeurant à Dijon, décédée au dit lieu le 28 décembre 1905, a notamment fait les legs suivants :

J'institue légataire universel l'Hôpital Général de Dijon, j'y mets pour condition expresse qu'il exécutera toutes les charges que je lui impose dans ce testament.

Il entretiendra à perpétuité et en parfait état notre sépulture de famille sise au cimetière de Villecomte, celle des familles Grangier et Corbabon au cimetière de Gevrey-Chambertin, des familles Grangier et d'Aresthel au cimetière de Dijon et de la famille Corbabon également au cimetière de Dijon.

Notre caveau de famille sis au cimetière de Villecomte ne paraissant pas avoir de solidité suffisante pour résister longtemps aux intempéries (je veux parler de la chapelle seulement dont la pierre est déjà gelée) si au moment de mon décès cette chapelle n'est pas reconstruite, une somme de vingt mille francs sera prélevée sur ma succession pour cela. Cette reconstruction sera faite en granit le plus résistant à la gelée. Le volume de la chapelle sera augmenté de l'épaisseur des murs des cotés et du fond si cela n'offre pas de difficultés. Ces travaux seront faits avec de grandes précautions pour éviter toutes secousses et humidité dans le caveau. En cas de translation, l'Hôpital Général pourvoira aux frais des nouvelles sépultures et à leur entretien à perpétuité, les concessions devront être des concessions perpétuelles et les monuments être construits comme les anciens.

Il recevra à perpétuité trois malades pour l'ensemble des communes de Villecomte, Vernot, canton d'Is-sur-Tille et Bessey-les-Cîteaux. Il pourvoira à perpétuité à l'hospitalisation de quatre vieillards (hommes ou femmes) pour l'ensemble des communes déjà nommées et celle de Montmain dans un asile de vieillards de la ville de Dijon dépendant ou non de l'hôpital ou chez les Petites Sœurs des Pauvres de cette ville. Il pourvoira également à l'hospitalisation à perpétuité jusqu'à l'âge de dix-Sept ans de huit petites filles orphelines ou enfants abandonnées pour l'ensemble des huit communes de Villecomte, Vernot, Bessey-les-Cîteaux, Montmain, Vougeot, Gilly-les-Vougeot, Flagey-Echézeaux et St-Bernard.

Ces petites filles seront placées (lorsque leur âge le permettra) dans un des orphelinats d'Agencourt ou de Bézouotte. Au cas ou les orphelinats ne pourraient s'en charger, elles seraient placées dans un autre orphelinat agricole si possible et religieux de préférence. Les malades, vieillards et orphelines étant pour l'ensemble des communes désignées seront admis indifféremment à occuper les places vacantes. L'hôpital paiera nettes de frais et par avance.

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Je lègue à l'Hôpital Cantonal de Nuits-St-Georges cent cinquante mille francs pour recevoir à perpétuité quatre malades ou vieillards pour l'ensemble des communes de Vougeot, Gilly-les-Vougeot, Flagey-Echezeaux et St Bernard. Les malades et vieillards de chacune de ces communes étant admis indifféremment à occuper ceux des quatre lits libres. Au cas où l'hôpital de Nuits n'accepterait pas ces conditions, cette somme de cent cinquante mille francs irait à l'Hôpital Général de Dijon avec les mêmes charges.

A l'Hôpital Cantonal de Gevrey-Chambertin cinquante mille francs en souvenir de Madame Pauline Grangier, née Corbabon.

A la Commune de Villecomte dix mille francs pour le bureau de bienfaisance que j'y ai fondé en souvenir de mon père et le revenu à perpétuité d'une somme de quinze mille francs. Cette somme sera placée sur l'Etat et la commune disposera du revenu à son gré.

A la fabrique de l'Eglise de Villecomte, quatre mille francs à la charge par elle de faire dire une messe tous les mois à perpétuité pour la famille Moret, Villeneuve-Grangier

A la commune de Vougeot, vingt mille francs pour fonder un bureau de bienfaisance.

A la fabrique de l'Eglise de Gilly-les-Vougeot, deux mille francs pour que les messes de fondation dites pour M. Henri Grangier et la famille Grangier soient dites également à mon intention et que le nombre de ces messes soit augmenté de douze chaque année pendant les trois années qui suivront mon décès.

A la Commune de Montmain, quarante mille francs, cette somme sera placée sur l'Etat, trois dixièmes du revenu seront employés à secourir les indigents et un dixième sera attribué à l'église pour les besoins du culte, à la charge pour la fabrique de faire dire chaque année à perpétuité une messe pour la famille Grangier.

Au Département de la Côte-d'Or, cent mille francs pour aider à la création d'un sanatorium ou maison de santé pour les tuberculeux ou simplement pour leur donner des soins a domicile.

Au Musée de Dijon le droit de choisir et prendre en toute propriété les tableaux, objets d'art, meubles qui seront dans la galerie de mon habitation de Vougeot ainsi que les tableaux qui se trouveront dans le fumoir et le salon de cette habitation ; le meuble bourguignon provenant de la vente de Paul Eudel en ce moment dans le salon de ma maison de Dijon (20, rue Chabot-Charny). La désignation et le choix des dits objets seront faits par la Commission du Musée à laquelle je donne plein pouvoir à cet effet. Je lui lègue aussi les vitraux anciens qui se trouveront dans mes diverses habitations au moment de mon décès ; deux vases en forme d'urne, porcelaine de Nidervils Louis XVI qui sont sur la cheminée de ma chambre de Dijon, ainsi que le groupe de même fabrique représentant Bélisaire mendiant, acheté à la vente du Bon du Mesnil, le plâtre du Pardon par Ernest Dubois, le buste en marbre de mon mari qu'Ernest Dubois doit faire; il sera placé en évidence dans la salle où seront réunis les objets composant ma collection. Je lui lègue également trente mille francs sur lesquels seront prélevés les frais d'installation de ces objets dans une même salle du musée.

A l'Université de Dijon, une somme de cent mille francs.

Aux sociétés de Secours Mutuels de Dijon, une somme de vingt mille francs à partager entre elles.

A la Société d'Assistance par le travail de Dijon, une somme de cent mille francs; si cette société n'est pas en fonctionnement à l'époque de mon décès, cette somme de cent mille francs ira au Bureau de Bienfaisance de cette ville.

A l'Institution des aveugles et sourds-muets de Dijon, une somme de vingt mille francs.

A l'Etablissement des Petites Soeurs des Pauvres de Dijon, une somme de dix mille francs.

A la Société Maternelle de Dijon, dix mille francs.

A l'Association des Dames Françaises (secours aux blessés) de Dijon, cinq mille francs.

A la Société des Amis des Arts de la Côte-d'Or, dix mille francs.

La présente insertion, est faite en exécution de l'art. 3 du décret du 1er février 1896, à l'effet de mettre les héritiers inconnus de la testatrice à même de présenter les réclamations qu'ils pourraient avoir à formuler au sujet des dispositions qui précèdent. Ces réclamations devront, sous peine de déchéance, être adressées à la Préfecture (3e division), dans un délai de trois mois a partir de ce jour.

Dijon, le 19 janvier 1906.

Le Préfet de la Côte-d'Or,

LOUIS MICHEL.

Pour copie certifiée conforme :

Dijon, le 25 janvier 1906.

Le Secrétaire général,

J. ALEXANDRE.
Dijon, imp. Jacquot et Floret